Lacrymosa
Rainer Maria Rilke (souvenez vous : "Si un jour je te perds, pourras tu dormir sans qu’au dessus de toi je bruisse…" ) assure une jolie transition entre notre programme 2007 et celui de 2008.
Il écrit en effet :
"Comme les choses, toutes les choses sont en migration ! Comme elles se réfugient en nous, comme elles se désirent toutes soulagées du dehors et de revivre, dans cet au-delà que nous enfermons en nous-mêmes pour l'approfondir. Comment supporter, comment sauver le visible, si ce n'est en le faisant langage de l'absence, de l'invisible. Comment parler cette langue muette, à moins qu'on la chante éperdument, sans daigner, s'il le faut, se faire comprendre"
Et Mozart dans son Requiem saura parler la langue de l'invisible tout en chantant éperdument, du moins jusqu'à ces huit dernières mesures du Lacrymosa, son ultime tendresse, et le Requiem ne fut pas vraiment compris.
Soit tiré vers le versant romantique comme chant du cygne conscient du "divin", Mozart mettant en musique sa propre mort, soit perçu comme une simple commande alimentaire bâclée à la va vite. Rarement une œuvre musicale n'aura suscité autant d'écrits, de faux aussi, qui auront longuement brouillé la perception de l'œuvre.
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