le feuilleton de l'été 2 ème épisode:des villages tava aux réductions jésuites

Publié le par Lionel David

Nous en étions restés à l’organisation des villages (tava) suite à la sédentarisation des indiens.

L’organisation de ces villages est plus ouverte sur l'extérieur que ne sera celle des missions jésuites, décrites ci-dessous.

 

La première «Mission » est fondée à San Ignazio Guazù en 1609; en 1627, quatorze «Réductions» (Missions) contrôlent une population de 30 000 indiens. En 1707, trente d'entre elles ont chacune entre 1500 et 7000 habitants, l'ensemble de ces réductions pouvant même quelquefois en regrouper jusqu'à 150 000. Chacune est placée sous l'autorité de deux Pères jésuites.

Chaque réduction est organisée sur un plan régulier : sur les trois côtés d'une vaste place sont alignés les maisons familiales, toutes identiques, bordées de portiques. Le quatrième côté est dominé par l'église, flanquée du cimetière, les maisons pour les veuves et le collège (habitation des Pères, magasin collectif, réserve d'outils et d'armes, salle de réunion...). L'administration, transposée du modèle espagnol, est assurée par les Indiens eux-mêmes : un cabildo (conseil) est élu pour un an, avec à sa tête un corregidor nommé par le gouverneur de la Province sur  proposition des Jésuites, un adjoint du corregidor, deux alcades, quatre conseillers, un ou deux alguaciles (chargés de l'ordre public) et un secrétaire. Les caciques traditionnels sont maintenus. Afin de se défendre contre les incursions des paulistas (portugais chercheurs d'esclaves), les milices indiennes des réductions ont reçu l'autorisation de posséder des armes à feu.

Les jésuites ont sédentarisé les Guaranis semi-nomades, mais conservé la coutume de la propriété collective du clan en instituant un système mixte : - chaque famille possède un terrain l'aba-mba'e, (« la propriété de l'indien»). Elle dépose les produits de sa terre dans un magasin public d'où elle les retire au fur et à mesure de ses besoins.

La réduction gère la propriété collective tupa-mba'e « la propriété de Dieu », sur laquelle le travail est obligatoire entre 18 et 50 ans, deux jours par semaine, quatre à six heures par jour.

On pratique l'élevage des boeufs, on cultive aussi l'herbe à maté, la yerba, devenue la boisson courante des Créoles. L'artisanat est surtout destiné à couvrir les besoins de la communauté.

Dès 1609, grâce à un décret royal, les jésuites avaient fait exclure de l'encomendia les Indiens de leurs missions. Cette exemption suscitait l'hostilité des Créoles privés d'une main-d'oeuvre gratuite. Au XVllle siècle en Europe, sous la double pression des philosophes et du pouvoir monarchique, les attaques se multiplient contre les Jésuites qui incarnent le pouvoir et l'universalisme de l'Église. Sous l'impulsion du ministre Pombal, le Portugal de Joseph 1er expulse les jésuites en 1759, puis la Compagnie de Jésus est dissoute en France en 1764 et enfin expulsée de tout l'empire espagnol en 1766.

Dans les missions, les jésuites sont alors remplacés par les Franciscains qui n'ont ni leur autorité ni leur expérience. Si l'organisation collective et le système du cabildo sont maintenus, un gouverneur espagnol est nommé à la tête des réductions. Les Guaranis sont exposés à l'arbitraire des fonctionnaires. Ils sont nombreux à partir : c'est la lente dégénérescence des missions qui sont pour la plupart détruites entre 1817 et 1827.

Prochaine épisode la célébrité de Zipoli dans les missions jésuites

 

Référence : http://www.jesuites.com/histoire/baroque/paraguay.htm



Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article