Le feuilleton de l'été dernier épisode : La Misa a San Ignacio
La Misa a San Ignacio
C’est en 1958 que le musicologue américain Robert Stevenson découvre une Messe de Domenico Zipoli dans les archives du Chapitre de la ville de Sucre en Bolivie.
Cette Messe est écrite pour quatre voix et semble être la combinaison de plusieurs oeuvres de Zipoli : La Messe Brève et la Misa a San Ignacio.
L’oeuvre retenue à notre programme cette année est la Misa a San Ignacio dont l’édition ne fait apparaître que les voix de soprani, alti et ténor, l’hypothèse retenue étant que les indiens Chiquitos n’avaient pas de voix de basse. Celle-ci a donc été reconstituée à partir du continuo et des règles du contrepoint de l’époque. Cette messe fait également appel à deux pupitres de violons et à une basse continue.
Elle ne comporte qu’un Kyrie, un Gloria, un Credo et un Sanctus.
Elle constitue un exemple frappant du métissage intelligent réalisé entre la musique baroque européenne et la musique des indiens Guaranis et Chiquitos au sein des réductions jésuites.Les indiens avaient une culture musicale très élaborée, tant au plan instrumental que vocal.
La rencontre entre les musiciens espagnols et italiens et les musiques indiennes ne s’est pas conclue par la domination du baroque mais par un apport mutuel et un échange fructueux entre les deux cultures.Les indiens apportant la spontanéité, la gaîté, et les rythmes, les européens les techniques de la polyphonie, du contrepoint et de l’instrumentation baroque.
Pour élargir le sujet il faut noter que l’on retrouve le même phénomène avec les musiques baroques en Chine, toujours sous l’égide de la Compagnie de Jésus et des Lazaristes et où les plus célèbres musiciens sont : le Père Joseph-Marie Amiot( S.J) et Teodorico Pedrini (Lazariste).