Lionel est déjà au travail !
Après ce concert « Du Romantisme au début du 20ème siècle » donné à Royat et réussi de l’avis du public, des choristes et des chefs, place à un nouveau programme :
"La Mélodie savante et traditionnelle".
Dès le lundi 25 mai nous déchiffrerons les partitions que le chef nous a adressées par mail.
Au programme « Plaisir d’amour » et la « Berceuse d’Auvergne » harmonisés par ses soins ainsi que La Pavane op. 50 en fa dièse mineur écrite par Gabriel Fauré en 1887.
Cette pavane est dédiée à une comtesse, Elisabeth Greffuhle, immortalisée par Proust dans le personnage de la duchesse de Guermantes. Cette comtesse, protégeait Fauré et lui avait confié, en 1887, l’organisation, tous les 15 jours, dans son somptueux palais parisien de la rue d’Astorg, de soirées musicales « courtes, pas trop sérieuses, mais très artistiques ! ».
Invité à séjourner chez elle dans sa maison « La Case » à Dieppe, pendant l’été 1887, Fauré lui dédicacera, en remerciement, la Pavane op. 50. Elisabeth Greffuhle a demandé à Fauré d’ajouter une partie chorale à cette pavane, sur un texte de son cousin Robert de Montesquiou-Fezensac.
Outre le fait d’être parent avec Elisabeth Greffuhle, Robert de Montesquiou-Fezensac était auteur de plusieurs recueils de vers et ami de Proust qui le qualifiait de “Maître de beauté pour une génération entière”. (Un portrait de ce poète réalisé par Boldini peintre Italien est exposé au musée d’Orsay).
Les noms des personnages de la Pavane (Lindor, Tircis, Myrtil, Lydé, Eglé, Chloé) sont tous typiques de la tradition de la poésie pastorale. Le poète les utilise pour méditer sur l’éternelle comédie de l’amour.
Rappelons que la pavane est une danse de cour du XVI eme siècle binaire formée d'une longue et de deux brèves lente , dansée par des couples disposés en cortège. Elle est instrumentale et vocale, devient une forme instrumentale au début du XVIIe siècle, disparaît à la fin du XVIIe siècle.
L’origine du nom de cette danse est contreverssée, pour certain elle viendrait de «Padua», «Padova» en Italie, pour d’autres plus certainement de l'espagnol «pavo», paon, faire le paon, se pavaner car les figurants faisoient en se regardant, une espèce de roue à la manière des paons,l'homme se servant pour cette roue, de sa cape et de son épée qu'il gardait dans cette danse. Selon d'autres encore, la Pavane aurait été inventée par Fernand Cortez, au Mexique.

Vous connaissez bien entendu la Pavane de Thoinot Arbeau (Belle qui tient ma vie)
Les pavanes « modernes » les plus célèbres sont celle de Fauré et la "Pavane pour une infante défunte" de Maurice Ravel.
L'œuvre de Fauré a servi de base à ballet dansé par les Ballets Russes en 1917 ce dernier l'incorpore en 1918 pour achever la musique de scène de la pièce Masques et Bergamasques op. 112.
Elle inspira lepassepied de la « Suite Bergamasque» de Claude Debussy ainsi que la « Pavanene pour une infante défunte » de Maurice Ravel, écrite alors que ce dernier était encore l'élève de Fauré au conservatoire de Paris.
C'est le leitmotiv du film Il Divo de Paolo Sorrentino sur la vie de Giulio Andreotti.